Compte rendu des activités aux Nicaragua (2013)

Etudiants Nica soutenus pas la Casa Nica en 2013

Depuis de nombreuses années, la Casa Nica soutient des petites communautés de la région de Cusmapa qui luttent contre la faim, le dérèglement climatique, des conditions de vie très dures.

Cusmapa est un gros village entouré de nombreuses communautés rurales portant des noms tels que Los Llanitos, El Mamey, El Terrero, El Naranjo, El Mojon, … Il se situe à 1260 mètres d’altitude, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec le Honduras, dans une région très montagneuse et difficile d’accès.

Dans le secteur rural, la plupart des familles vivent de l’agriculture. Quand l’UNICAM – Universidad Campesina (Université Paysanne), notre partenaire local, est arrivé sur place pour la première fois, on n’y cultivait que du maïs et des haricots rouges (frijoles), l’alimentation de base avec le riz. Les sécheresses ou les pluies diluviennes avaient dès lors des conséquences terribles. Ces récoltes, annuelles, ne suffisaient d’ailleurs pas non plus à nourrir une famille pendant toute une année, sans parler des problèmes de santé dus aux carences qu’entraîne une alimentation si peu variée.

La première initiative de l’Unicam est toujours de réunir les personnes souhaitant changer leur situation, d’étudier avec elles les choses à mettre en place, les possibles, les envies, et surtout de renforcer leur organisation communautaire. C’est ainsi qu’au fil des saisons, pas à pas, ont été développés des projets de diversifications des cultures avec la mise en place de potagers entièrement adaptés aux terrains: la culture dans des pneus, la culture associative, le vermicompostage, l’agroforesterie, des systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte, la construction de citernes…

Les populations indiennes du Nica, qui sont majoritaires à Cusmapa, ont été fortement acculturées pendant la période coloniale et les longues années de dictature car utilisées comme main d’œuvre bon marché dans les grandes exploitations industrielles de café, de canne à sucre, de coton, et renvoyées dans la misère selon les fluctuations des marchés mondiaux. Ces monocultures ont également confisqué à l’agriculture paysanne les terres les plus fertiles. Chaque projet mené avec l’Unicam est ainsi toujours accompagné de formations, de sensibilisation à la protection des ressources locales comme l’eau, la terre et les arbres avec pour objectif que toutes ces personnes reprennent confiance en elles et décident elles-mêmes de leur propre projet de développement.

Les bénéfices récoltés par les bénévoles de la Casa soutiennent de nombreux projets qui, mis côte à côte, permettent d’améliorer la vie quotidienne et l’avenir:

la construction de cantines scolaires alimentées par les potagers familiaux, de locaux communautaires qui servent de lieu de réunion, de formation ou de divertissement, de banques de semences et de réserves à grains locales pour pallier aux saisons creuses, quand les grains de base sont les plus chers, pour la conservation des variétés locales et leur resemencement, de petites épiceries et pharmacies botaniques et vétérinaires, l’amélioration d’infrastructures, de puits et de chemins d’accès.

En 2012, ceux qui ce sont rendus là-bas (ainsi que la brigade de jeunes de Thimister qui y a activement travaillé durant l’été) ont pu y découvrir les nombreux potagers qui fournissent des fruits et des légumes très variés tout au long de l’année et sont complétés par des petits élevages de volailles, de moutons sans laine, de chèvres et de tilapias, le petit marché paysan inauguré en octobre, un système ingénieux qui fournit de l’eau potable par gravitation à 20 familles, des écoles plus proches des habitants.

Ces activités liées à la souveraineté alimentaire locale vont pour la Casa de pair avec un programme de bourses d’études: Nica Beca. Grâce aux dons (malheureusement, pas encore assez nombreux!), il finance actuellement les études de 48 étudiants et étudiantes: des futurs et futures vétérinaires, infirmières, médecins, instituteurs, agronomes, etc. A chaque rencontre, ils nous touchent par leur passion pour leur village, leur motivation pour leurs études qui va changer leur vie et celle de leur communauté, par leur analyse pertinente sur leur propre situation et celle de leur pays, et leur volonté de s’y investir. Ils participent tous à des activités collectives telles la reforestation, les écoles de devoirs pour les plus petits, le nettoyage des sentiers.

Mais le travail est loin d’être fini, la pauvreté est toujours extrême dans la région et de nombreux villages n’ont pas encore pu être soutenus. Pour 2013, les nouveaux projets foisonnent, certains plus centrés sur la création d’activités génératrices de revenus et la protection des richesses locales: des formations pour la création de coopératives qui pourraient transformer les surplus des potagers (confitures, sauces, etc), pour améliorer la culture du café (traditionnelle dans la région), pour mieux conserver les semences indigènes, pour permettre à la municipalité de mieux prévenir les crises, sans oublier tout ce qui les accompagnent comme les tournées d’échanges d’expérience, les foires paysannes, les « escuelas de campo ». L’Unicam a également toujours besoin d’un appui structurel renforcé pour le salaire de ses techniciens et formateurs, pour les véhicules et le carburant, pour divers matériaux.

Nous vous remercions chaleureusement de votre participation, quelle qu’elle soit – en étant présent à nos soupers bio (nous n’oublions pas nos producteurs locaux!) et nos soirées, en y donnant des coups de main, en occupant nos locaux, par vos contributions aux bourses, etc… pendant l’année 2012 et d’ores et déjà pour 2013!

Bonne année!

logo-smallL’équipe de la Casa Nica

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