Sam. 14/10: Soirée de soutien à CCMES (Rwanda)

 

Cri du Coeur d’une Mère qui Espère est une association créée par Béatrice Mukamulindwa qui a pour mission le recherche d’enfants disparus lors du génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda, la réunification des familles et un travail sur le deuil et l’identité.

 

  • A partir de 19h Souper africain, plat 12€ – dessert 3€
  • A 21h30 Cabaret avec Odette Goffard et Cie

Réservation indispensable pour le 22 septembre 2017:
a.defonvent@gmail.com – 0499/337209

 

 

L’HISTOIRE DE BEATRICE MUKAMULINDWA
Je recherche mes trois enfants disparus lors du génocide de 1994.
Je travaillais à Kigali où j’étais directrice chargée des finances de l’entreprise pétrolière Shell-Rwanda.
Lorsque le génocide a éclaté, j’étais en Belgique où j’avais pris des vacances pour aider mon mari, qui venait d’obtenir une bourse d’études à l’Université Catholique de Louvain, à s’installer.
J’avais confié mes trois enfants à mon frère Théodore Mutabazi, assistant médical et titulaire du centre de santé de Ruyenzi dans le sud du pays.
Mes trois enfants :
• Alain Flavien MUDACUMURA, mon fils allait avoir 13 ans en
novembre 1994
• Aline NGWINONDEBE, ma fille allait avoir 11 ans en juin
1994
• Nadège UWASE RWAGASANA, ma benjamine avait eu 9
ans en janvier 1994
Mes frères et soeurs, ma mère, ma grand-mère, mes oncles, mes tantes, des cousins germains et éloignés ont été tués pendant le génocide. J’ai eu la confirmation de leur mort et j’ai pu donner une sépulture à certains. Le doute subsiste sur le sort subi par mes trois enfants, mon frère Théodore, mes deux nièces et trois cousins.
– La région de Butare a été embrasée vers le 20 avril 1994. Selon les témoignages recueillis auprès des rescapés, le Père Claude Simard
(responsable de la paroisse de Ruyenzi et gestionnaire du centre de santé) a refusé à ses paroissiens l’accès à l’église craignant, disait-il, qu’on ne détruise son église. Mon frère et sa famille ont alors été obligés de se rassembler avec la population des environs dans la ferme paraétatique ISAR, immense domaine agricole à Songa.
La population Tutsie est d’abord parvenue à résister à l’attaque des miliciens, lesquels ont demandé des renforts au camp militaire de Nyanza.
A leur retour, les fusillades ont éclaté. Les gens réfugiés à l’ISAR ont essayé de se sauver, les uns ont pu passer la frontière burundaise, les autres ont été tués par des civils qui les attendaient sur le chemin de leur fuite,
d’autres sont morts sur place.
Début 1995, j’ai rencontré soeur Cécile en Belgique. J’ai alors appris qu’aucune démarche n’avait été entreprise par la paroisse et le centre de santé pour récupérer les corps de leurs employés afin de leur donner une sépulture. Ce qui aurait permis à Béatrice et à de nombreuses familles de connaître le sort de leurs proches. –
En août 1994, mon mari s’est rendu sur place, d’après le témoignage d’une rescapée, nos enfants auraient réussi à s’échapper de l’ISAR et auraient suivi la vague des réfugiés qui essayaient de joindre le Burundi voisin.
Leur histoire s’arrête à une région frontalière du Burundi, la commune de Muyaga, secteur Mbogo.
Mon mari a retrouvé le fils de mon frère, le petit Christian Shema Mutabazi. Il avait été ramassé parmi les cadavres de l’ISAR, 24h après les
fusillades.
Mon mari a ramené Christian en Belgique le 3/09/1994.
Un an après le génocide, mon mari m’a quittée. Depuis je poursuis seule les
recherches.
En 1999, j’ai adopté Christian.
Depuis janvier 1995 :
Je suis allée à la rencontre de rescapés dont les témoignages ouvrent de nouvelles pistes et en ferment d’autres. Ces pistes m’ont menée dans les camps de Bukavu et de Goma, dans des régions limitrophes du Burundi, au Burundi, au Congo Brazaville et au Canada. Certains témoignages m’ont poussée à rencontrer des génocidaires en prison.