La Déclaration Kawsak Sacha – Forêt Vivante, du peuple de Sarayaku

 

Depuis des décennies, le peuple de Sarayaku, vivant en pleine forêt amazonienne de l’Equateur, utilise et cherche tous les moyens de protéger pacifiquement son environnement, sa culture, ses savoirs, sa vie et son Sumak Kawsay.

Le 26 juillet dernier, à Quito, le peuple de Sarayaku a déclaré publiquement son territoire « Kawsak Sacha – Forêt Vivante: Être vivant, conscient et sujet de droits ».

Le Kawsak Sacha est un être vivant, doté d’une conscience, composé de tous les êtres de la forêt, du plus infinitésimale aux êtres les plus grands et suprêmes, incluant les êtres des mondes animal, végétal, minéral, spirituel et cosmique, en intercommunication avec les êtres humains et leur apportant le nécessaire pour revitaliser leurs aspects psychologique, physique et spirituel, rétablissant ainsi l’énergie, la vie et l’équilibre des peuples originaires.

C’est dans les cascades, les lagunes, les marais, les montagnes, les rivières, les arbres et d’autres sites du territoire, qu’habitent les Êtres Protecteurs du Kawsak Sacha. Ils y développent leur propre vie, similaire à celle des êtres humains. Le Kawsak Sacha transmet les savoirs au yachak pour qu’il interagisse avec le monde des Êtres protecteurs de la Forêt afin de maintenir l’équilibre de la Pachamama, de soigner les personnes et la société. Ce savoir est méthodiquement conservé et transmis aux nouvelles générations.

L’équilibre naturel de l’univers, l’harmonie de la vie, la perpétuité culturelle, l’existence des êtres vivants et la continuité du Kawsak Sacha dépendent de la permanence et de la transmission des pouvoirs des Êtres protecteurs de la Forêt. Il revient également à ces Êtres et aux yachak de maintenir une relation de respect et d’équilibre entre les êtres humains et les êtres de la forêt.

Extrait de la déclaration Kawsak Sacha du peuple de Sarayaku.

L’objectif principal de cette déclaration est de protéger les espaces de vie de Sarayaku. Il est indissociable de la relation immatérielle qu’entretiennent ses habitants, ainsi que la grande majorité des peuples originaires, avec leur environnement, avec la nature, la forêt et tout ce qui la compose.

Son territoire est un être vivant, entier, dont les humains ne sont qu’une partie et auquel il faut reconnaitre les mêmes droits.

Ce concept dépasse les notions de conservation classiques, trop figées et ne tenant pas compte de la relation vitale entre la forêt et ses habitants, des écosystèmes toujours en évolution, en interrelation et transformation. Il ne vient pas d’experts extérieurs, est un acte concret de démocratie directe et participative, et reflète la réalité de la vie quotidienne d’un peuple d’Amazonie. Une réalité ni romantisée ni diabolisée, fondée sur des critères de richesse et de bien-être propres à leur culture, faisant face à des menaces multiples d’exploitations industrielles des ressources naturelles, de concessions pétrolières, d’avancements de la construction de routes, de la globalisation du mode de vie occidental, de la colonisation de l’éducation et de la dépossession des savoirs.

Il se base sur divers articles de lois nationales et internationales, sur le droit à la libre détermination, sur la Constitution équatorienne affirmant la plurinationalités de l’État équatorien.

Il rappelle haut et fort l’existence des peuples autochtones et leur rôle primordial dans les défis planétaires auxquels nous sommes tous confrontés afin qu’ils ne soient plus ignorés dans les décisions politiques nationales et internationales.


1. Le Sumak Kawsay est un concept vaste, une expression originaire et propre à Sarayaku, qui signifie la recherche du maintien d’une bonne vie, d’une vie en harmonie; ce qui implique avoir une terre fertile, sans contamination, une vie sans maladie ni faim. C’est l’objectif de l’organisation de Sarayaku et de son « Plan de vie » et est souvent traduit par « Bien-vivre » ou « Vie en harmonie ».

2. Pachamama ou Allpa Mama: Terre Mère

3. Yachak: le sage, le porteur du savoir, une personne qui soigne et qui a suivi un long apprentissage depuis l’enfance. Il est en relation permanente avec les êtres protecteurs de la forêt vivante qui lui transmettent leurs savoirs spécifiques.  Souvent traduit par « shaman » ou « homme médecine ».

Montrez votre soutien à la Forêt vivante en signant ici:

Support the Kawsak Sacha declaration and demand its legal recognition in Ecuador!

Du 25 au 29 juillet, près de 200 personnes de Sarayaku ont organisé à Quito une semaine d’activités et d’événements: expositions de photos et d’artisanat, construction d’une maison kichwa, stands divers, conférences, concerts, etc. Les photos sont de l’équipe communication de Sarayaku.

Nous collaborons activement avec Sarayaku depuis plusieurs années et avec le soutien de l’Agence wallonne de l’air et du climat de la Région wallonne.

 Plus d’info: www.kawsaksacha.org